On l’a toutes déjà fait ou penser à le faire : installer une jolie barre de pierres colorées dans l’abri, en se disant que notre loulou, dans sa grande sagesse de proie connectée à la nature, saura exactement quoi lécher pour compenser ses petites carences. C’est visuel, c’est pratique, et ça nous décharge d’un poids mental énorme. Mais est-ce que cette autonomie alimentaire est vraiment un cadeau qu’on leur fait ?
Cet article est un extrait de l’épisode 18 du podcast Le Bonheur est dans le Foin que tu peut retrouver sur toutes les plateformes d’écoutes dont :
Pourquoi la pierre à minéraux nous séduit tant pour nos chevaux ?
Quand on a un emploi du temps bien rempli et que nos chevaux profitent de l’herbe, la logistique de la ration quotidienne peut vite devenir une charge. La pierre à minéraux semble alors être la solution miracle pour que nos chevaux comblent leurs apports « tous seuls »…
Le mythe de l'automédication instinctive
On aime imaginer que nos chevaux possèdent une sorte de boussole interne capable de leur dire : « Tiens, aujourd’hui, je manque de zinc ». C’est l’idée de l’automédication. Si c’est vrai pour certains besoins primaires (comme le sel), c’est beaucoup plus flou pour les oligo-éléments complexes. Nos chevaux domestiques, même s’ils vivent dehors, ont souvent perdu cette connexion fine à leurs besoins réels au profit de la gourmandise ou de l’ennui.
La simplicité logistique pour nous, humaines
Entre le boulot, la famille et la route des écuries, on cherche toutes à simplifier le quotidien sans sacrifier la santé de notre compagnon. Poser un seau à minéraux de 10 litres dans le pré, c’est s’offrir la paix d’esprit pour plusieurs semaines. On se dit que « le job est fait » et que le cheval gère sa propre boutique. C’est rassurant, mais c’est parfois un écran de fumée.
Le problème des pierres à minéraux pour chevaux
Le problème, c’est qu’en nutrition, le « à peu près » peut vite devenir l’ennemi du mieux, surtout pour nos chevaux sensibles ou sujets à des pathologies comme la PSSM ou l’arthrose.
Le risque de la consommation compulsive (ou inexistante)
Il y a deux types de chevaux face à une pierre : le « boulimique » qui va la poncer en trois jours par simple plaisir de lécher (risquant ainsi des excès inutiles, voire toxiques), et le « désintéressé » qui ne la touchera jamais. Dans les deux cas, l’objectif n’est pas rempli. Les fabricants sous-dosent souvent les pierres pour éviter les intoxications des gros lécheurs, ce qui signifie que le cheval modéré, lui, ne reçoit jamais sa dose réelle de nutriments.
Le casse-tête des déséquilibres
C’est le point technique où je veux t’alerter. Dans nos sols, le zinc est souvent carencé, mais il travaille en binôme inséparable avec le cuivre. Si tu achètes une pierre « spéciale zinc » (comme on en voit souvent en sellerie), tu risques de créer un déséquilibre profond. Trop de zinc empêche l’assimilation du cuivre, et paf : la qualité des pieds ou du poil en pâtit. Sans un apport contrôlé et équilibré, on joue un peu aux apprenties sorcières.
Bien gérer la nutrition de nos chevaux
L’idée n’est pas de te rajouter une heure de travail par jour, mais de passer d’une gestion « au petit bonheur la chance » à une stratégie éclairée et sereine.
Garder la pierre à sel pour le plaisir et l'enrichissement
Ne jette pas tes pierres à sel blanc (chlorure de sodium) ! Elles sont géniales pour inciter ton cheval à boire et lui offrir une activité de léchage apaisante. Pour rendre ça encore plus fun, tu peux même cacher des morceaux de carottes dedans pour stimuler sa recherche alimentaire. C’est un excellent enrichissement, mais ce n’est pas une stratégie nutritionnelle complète.
Passer au CMV dosé pour une vraie sérénité
La seule façon d’être certaine que ton cheval reçoit ce dont il a besoin (ni trop, ni trop peu), c’est le CMV (Complément Minéral Vitaminé) distribué à dose fixe. Que ce soit en granulés (« bonbons ») ou mélangé à une petite poignée de foin haché, tu reprends le contrôle. Tu sais ce qui rentre dans la mangeoire, tu observes les effets réels sur sa santé, et tu peux enfin arrêter de culpabiliser en te demandant s’il manque de quelque chose.
À toi de jouer la carte de l'autonomie !
Vouloir le meilleur pour son cheval, c’est parfois accepter de lâcher les solutions « toutes faites » pour comprendre un peu mieux les rouages de sa nutrition. Tu n’as pas besoin d’être ingénieur pour y arriver, tu as juste besoin des bons outils.
Je te donnes des idées dans les articles là du blog :
- CMV en Bonbons, la solution pour une minéralisation facile ?
- CMV et cheval au pré, est ce que l’herbe suffit toujours ?
Et si tu souhaites aller plus loin, on peut en discuter lors d’un bilan nutritionnel personnalisé pour ton cheval 🙂
