On arrive au cheval par amour. Et c’est exactement pour ça qu’on peut finir par s’y perdre. À force de tout faire pour son cheval, de ne jamais lever le pied, de culpabiliser dès qu’on n’y va pas, on peut se retrouver complètement à plat. J’ai moi-même traversé des moments très sombres avec Uisper pendant sa tendinite. La question n’est pas de savoir si tu l’aimes assez, c’est de savoir à quel moment l’amour devient une charge 🐎
Cet article n’est pas une recette miracle. C’est un espace pour se poser la question ensemble, sans jugement, sans peur de mal faire.
Cet article est un extrait de l’épisode 31 du podcast Le Bonheur est dans le Foin. Donc si tu veux avoir une bulle auditive pour réfléchir au sujet, tu peux le retrouver ici :
Reconnaître les signaux du burn out équestre
La fatigue chronique et la perte de plaisir comme signes de burn out
Le premier signal, le plus visible, c’est la fatigue chronique. Pas juste la fatigue d’une semaine difficile. Celle qui s’installe dans la durée, qui fait qu’on dort trop ou qu’on ne dort plus du tout tellement on angoisse. Avec elle arrivent d’autres signes : moins de sport, moins d’amis, moins de sorties. Et puis il y a ce signal que je trouve le plus parlant : de moins en moins envie de passer du temps avec son cheval. Y aller uniquement pour faire les soins, par obligation. Là, quelque chose ne va vraiment pas !
Dans les cas les plus extrêmes, cette fatigue peut glisser vers quelque chose de plus sombre : des idées noires, le sentiment que ça ne vaut plus la peine de continuer. Ce n’est pas une honte. C’est le signe qu’on a porté quelque chose de beaucoup trop lourd, seule, depuis trop longtemps. Si tu te retrouves dans cette situation, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est disponible 24h/24 🤗
Parlons de la culpabilité et de l'impossibilité de déléguer
La culpabilité dès qu’on lève le pied est un autre signal fort. Ce « je ne suis pas allée hier, je suis une mauvaise propriétaire » qui revient en boucle. Une amie m’a confié avoir annulé ses vacances l’année dernière pour s’occuper de son cheval. C’est un signal d’alarme 🫣
Avec cette culpabilité vient souvent l’impossibilité de déléguer quoi que ce soit, même à des professionnels de confiance. Toujours la conviction que si ce n’est pas toi qui le fais, ce sera mal fait. On peut se sentir obligée de tout contrôler, tout vérifier, tout porter seule. Et ça, sur la durée, ça use profondément.
Comprendre pourquoi on tombe dans le piège du burn out équestre...
Le mythe de la cavalière parfaite
On entretient collectivement un mythe : celui de la cavalière parfaite qui doit tout savoir, tout anticiper, tout maîtriser. Les réseaux sociaux le nourrissent. L’information est « disponible », donc on sous-entend que si tu ne sais pas quelque chose, c’est que tu n’as pas cherché. Ce n’est absolument pas vrai 😅
Les messages marketing jouent aussi là-dessus. Le classique que j’entends souvent en lien avec l’alimentation : « Il te faut absolument un CMV sans fer, sinon ton cheval fera une fourbure. » Ce genre de formulation crée de l’anxiété, pas de la clarté. Résultat : tu accumules les informations contradictoires et tu n’es jamais sûre de bien faire.
La peur du jugement et le besoin de contrôle
La peur d’être jugée fait aussi des ravages. Par l’écurie, par l’entourage cavalier ou non, par les réseaux sociaux. Cette pression de faire les choses « comme il faut » sous peine de se faire dire qu’on est une mauvaise propriétaire, je l’ai vécue moi-même. On peut se faire dire ça quand on n’a simplement pas fait exactement ce qu’une autre personne aurait fait.
Il y a aussi le besoin de contrôle. On contrôle pour se rassurer : vérifier que la ration est bonne, que les pieds ont bien été curés, que tout va bien. Quand ce besoin devient excessif et empêche de faire confiance à qui que ce soit, il vaut mieux y regarder de plus près.
Retrouver l'équilibre sans culpabiliser
Se faire aider pour le burn out équestre
Le premier point, je le dis sans hésiter : se faire aider par un psychologue. La peur d’être jugée, le besoin de contrôle excessif, la surcharge mentale autour de son cheval, ce sont des sujets qui se travaillent. De plus en plus de psys sont à l’aise avec la problématique des animaux de compagnie. S’autoriser à dire « j’ai besoin d’aide », c’est souvent le geste le plus courageux qu’on puisse faire 💪
Prendre du temps pour soi sans le cheval, c’est l’autre levier : relire un roman, voir ses amis, faire une activité qui ne concerne pas son cheval. Ça paraît simple, mais c’est souvent ce qui disparaît en premier quand on est en plein burn out équin.
Résoudre la cause du burn out équestre pour éviter la rechute
Un point souvent sous-estimé : chercher la vraie source du problème. Des fois, l’épuisement vient de là. Un cheval en surpoids dans une herbe très riche qui enchaîne fourbure sur fourbure, c’est épuisant. Peut-être que le cœur du problème n’est pas ta gestion. Parfois, c’est la pension qui n’est pas adaptée à ton cheval. Résoudre le vrai problème change tout.
Et enfin, s’entourer de personnes fiables et bienveillantes. Un gérant de pension qui est bien dans ce qu’il fait, une amie cavalière qui ne juge pas, un vétérinaire de confiance. S’autoriser à leur dire : là, je suis perdue, j’ai besoin d’aide. Faire des pauses ne fait pas de toi une mauvaise propriétaire. Ça fait de toi une propriétaire humaine 🤗
Besoin d'aide pour alléger ta charge mentale ?
Si une partie de ta surcharge mentale vient des questions autour de l’alimentation de ton cheval, sache que tu n’as pas à porter ça seule. Le bilan nutritionnel est là pour ça : un regard extérieur, des réponses concrètes, et les clés pour ne plus te poser les mêmes questions en boucle. 🥰
Prends soin de toi. Et dis à ton cheval à quel point il est beau 🐎